R’Garonne : une solution innovante pour préserver l’eau de demain

Image aérienne du site d’infiltration montrant 2 bassins remplis d’eau : le bassin de décantation et le bassin d’infiltration 

Source : Cd31 - Aurélien Ferr
Image aérienne du site d’infiltration montrant 2 bassins remplis d’eau : le bassin de décantation et le bassin d’infiltration Source : Cd31 - Aurélien Ferr

Anticiper les sécheresses grâce à une idée simple : stocker l’eau l’hiver

Face à des sécheresses de plus en plus fréquentes, la gestion de l’eau devient un enjeu majeur en Haute-Garonne. Le projet expérimental « R’Garonne », lancé il y a trois ans près de Cazères, propose une approche innovante : prélever de l’eau en hiver, lorsque le débit de la Garonne est suffisant, pour la stocker dans le sous-sol.

Cette eau est ensuite restituée naturellement au fleuve en été, au moment où les besoins sont les plus importants.

L’objectif est clair : anticiper les pénuries et maintenir un débit suffisant pour les usages humains et les écosystèmes.

Une technologie discrète mais très efficace

Contrairement aux retenues d’eau en surface, l’expérimentation repose sur l’infiltration de l’eau dans la nappe phréatique. Concrètement, l’eau issue de la Garonne est dirigée vers un bassin où elle est d’abord décantée, puis progressivement infiltrée dans le sol.

Ce procédé permet de ralentir le cycle naturel de l’eau : au lieu de rejoindre rapidement l’océan, elle circule sous terre pendant plusieurs mois avant de retourner au fleuve.

Les mesures réalisées montrent une remontée significative du niveau de la nappe, pouvant atteindre jusqu’à 4 mètres, preuve de l’efficacité de ce stockage souterrain.

Des résultats prometteurs pour le territoire et la biodiversité

Les premiers résultats sont encourageants : entre 7 et 8 millions de mètres cubes d’eau pourraient être infiltrés chaque hiver, dont une partie importante reviendrait soutenir la Garonne en été. Au-delà des volumes, cette eau souterraine apporte aussi un bénéfice écologique : plus fraîche, elle contribue à limiter le réchauffement du fleuve et protège la faune aquatique.

Cette solution apparaît ainsi comme une alternative durable et moins controversée aux grands ouvrages de stockage en surface, tout en bénéficiant à l’ensemble des usagers (eau potable, agriculture, industrie)

Une piste d’avenir face au changement climatique

Avec une baisse potentielle du débit de la Garonne pouvant atteindre 50 à 60 % d’ici 2050 à 2100, l’enjeu est crucial.

R’Garonne ouvre la voie à une nouvelle manière de gérer l’eau, plus adaptée aux défis climatiques.

Les scientifiques poursuivent l’analyse des données et un bilan complet est attendu en 2027.

Si les résultats se confirment, cette méthode pourrait être déployée plus largement le long du fleuve, contribuant à sécuriser durablement la ressource en eau pour les habitants et les activités du territoire.