Début octobre, un étrange ballet aérien a attiré l’attention dans les vallées pyrénéennes. Un hélicoptère a survolé les montagnes à basse altitude, tractant une grande antenne circulaire d’une vingtaine de mètres de diamètre. L’objectif de cette opération peu commune est pourtant crucial : mieux comprendre ce qui se cache sous nos pieds et savoir si les Pyrénées abritent d’importantes réserves d’eau souterraine encore méconnues.
Une technologie de pointe pour cartographier les réserves d’eau souterraines des Pyrénées
Mise en œuvre par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGMBureau de recherches géologiques et minières) et pilotée par le Conseil départemental de la Haute-Garonne accompagné des départements de l’Ariège et des Hautes-Pyrénées, cette campagne scientifique fait appel à une technologie de pointe appelée « géophysique héliportée ».
Concrètement, l’hélicoptère envoie des ondes vers le sol, un peu comme lors d’un examen médical par imagerie. Ces ondes permettent de “scanner” le sous-sol jusqu’à plusieurs centaines de mètres de profondeur et d’en reconstituer la structure. Les scientifiques espèrent ainsi localiser d’anciennes vallées glaciaires comblées de sédiments, susceptibles de contenir de grandes quantités d’eau.
Ces réservoirs naturels d’eau, un atout majeur dans un contexte de dérèglement climatique
Ces recherches prennent tout leur sens dans un contexte de dérèglement climatique. Les Pyrénées sont souvent qualifiées de « château d’eau » du sud-ouest de la France : elles alimentent en eau de nombreux cours d’eau, dont la Garonne.
Or, les épisodes de sécheresse se multiplient et le débit du fleuve diminue progressivement.
Identifier et comprendre ces réservoirs naturels d’eau souterraine pourrait donc devenir un atout majeur pour anticiper les pénuries et mieux gérer la ressource à long terme.
Il a été recensé des aquifèresTerrain perméable, poreux, permettant l’écoulement d’une nappe souterraine et le captage de l’eau. fluvio-glaciaires susceptibles de contenir des ressources en eau souterraine d’importance dans la chaîne pyrénéenne centrale :
- Ariège : vallée l’Ariège amont ;
- Hautes-Pyrénées : vallées du Gave de Pau et de la Neste ;
- Haute-Garonne : vallée de la Garonne amont et de la Pique.
Description de l’image : carte des Pyrénées ariégeoises, haut-garonnaises et haut-pyrénéennes mettant en avant les vallées investiguées par les acquisitions de géophysiques héliportées : le gave de Pay, les Nestes, la Garonne, l’Ariège
Prévue pour durer quatre ans, l’étude mobilise plusieurs partenaires publics, dont l’Agence de l’eau Adour-Garonne et la Région Occitanie. Elle ne servira pas à exploiter immédiatement ces nappes, mais à acquérir une connaissance scientifique indispensable pour protéger cette ressource stratégique. Car l’enjeu dépasse largement la curiosité géologique : il s’agit de préserver l’équilibre hydrique du territoire et de préparer l’avenir face aux défis climatiques à venir.
Depuis juin 2025, l’action sur les investigations fluvio-glaciaires est officiellement rattachée à la démarche du projet de territoire Garon’amont.